A la découverte des pratiques des nouvelles technologies… en Afrique et à vélo !

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- Bonjour Camille, en deux mots, le projet Cyberconte, c’est quoi ?
Cyberconte, c’est à la fois un périple à vélo et un voyage à la découverte des pratiques des nouvelles technologies.

- Quel est votre plan ? Quels pays allez-vous visiter ? Partez-vous à la découverte totale des usages numériques en Afrique ou les connaissez vous déjà quelque peu ?

L’idée c’est de mettre le cap au Sud, direction l’Afrique de l’Ouest. En partant de Paris, c’est donc avec la traversée de la France et de l’Espagne que débutera ce projet. Après une traversée du détroit de Gibraltar, je passerai un moment au Maroc, traverserai la Mauritanie pour ensuite prendre le temps de découvrir le Sénégal. C’est à partir de là que l’itinéraire n’est pas tout à fait défini. Les situations politiques étant assez imprévisibles, je ne veux pas me prononcer trop tôt sur ce point. Depuis le coup d’état du 22 mars, le Mali reste malheureusement un pays dans lequel je ne peux pas envisager de me rendre pour le moment. Les décisions se feront donc dans quelques mois, en cours de route. 
Pour l’instant, j’ai plein d’envies et des projets que j’aimerais voir et dont j’ai connaissance dans différents pays. Mais il y aura une grande part de liberté pour se laisser surprendre par la découverte de projets inconnus, par l’exploration ! 

L’idée d’aborder ce projet à vélo peut d’abord paraître un peu surprenante, mais elle donne tout son sens au projet. 
Dans un monde où tout va toujours plus vite, c’est un mode de déplacement lent et mécanique, qui va me donner le temps de comprendre des territoires et ses cultures. Le vélo permet de prendre conscience des distances, une notion qu’on oublie vite avec l’avènement des NTIC, des messages instantanés… Le web tend à abolir les frontières d’espace et de temps en donnant accès à une information immédiate. Mon intention est donc de mettre en place tout un rapport au temps, à l’espace et à la communication à travers ce projet.

 En plus du vélo, les pratiques du numérique et le bricolage sont deux sujets qui m’intéressent depuis plusieurs années. Ce projet me permet donc de les rassembler ensemble. 
J’ai déjà des connaissances des usages du numérique en Afrique, par l’intermédiaire de livres, de thèses, de blogs, de discussions – mais ça reste à des kilomètres de ce que je vais vivre à travers ce voyage !

- En quoi est-ce important selon vous, de dresser un « état des lieux » du numérique en Afrique ? En quoi cela peut-il se révéler une opportunité de développement pour ce continent ?
Je pense qu’il y a plein de différentes raisons pour dresser un état des lieux, et je crois qu’il y a actuellement de plus en plus d’initiatives qui vont dans ce sens. De mon côté, je ne ne pense pas avoir les capacités et les moyens pour dresser cet état des lieux, ça serait un travail de titan assez complexe, et je n’aurais pas les moyens de le faire. Mais j’aspire à poser un regard personnel, de partager mes impressions pendant ce voyage et peut-être d’arriver à montrer que ces pays que je vais traverser sont culturellement très riches et que l’innovation y est bien présente.

- L’esprit « système D » technologique africain peut-il inspirer les pays européens selon vous?
Rien que pour son aspect créatif je pense que le « système D » devrait nous inspirer. 
On retouve cet état d’esprit dans les fablab en Occident, qui sont en quelque sorte des temples de la débrouille. C’est peut-être l’intention qui est différente : en Occident le système D c’est bien souvent une alternative pour échapper à la société de consommation en produisant soi-même pour répondre à ses besoins. A l’inverse dans les pays du Sud, la débrouille et le bricolage sont une réponse à un manque de moyens.

- Vous parlez d’une arrivée probable d’internet en Afrique plus réfléchie et rationnelle : quels écueils cela eviterait-il à votre avis ?
Cela sera à vérifier mais c’est mon impression d’Occidentale pour l’instant. Peut-être qu’en France nous avons accepté toute la technologie sans trop réfléchir aux conséquences positives ou négatives qu’elle pourrait produire. 
Et à l’inverse j’ai l’impression par moments que l’arrivée d’internet progresse si lentement en Afrique, que sa population a eu le temps de se questionner. Le fait qu’internet devienne lentement accessible rend son utilisation parfois surprenante par son respect de la tradition. Par exemple, les internautes ne vont pas forcément se conformer à l’instantanéité de l’outil, ils vont l’adapter à leurs propres traditions, à leurs propres exigences, pour communiquer par e-mail.

- Auriez-vous quelque chose à ajouter concernant votre projet ?
Si vous voulez en savoir un peu plus sur le projet, venez explorer le site , et si celui-ci vous plait, n’hésitez pas à y contribuer sur Ulule! Pour finir, un blog sera mis à jour pendant le voyage pour partager régulièrement les différentes découvertes, galères, rencontres…

 

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